Fwd: Chantal

Entretien avec Maëlle Dequiedt à l’occasion de Fwd: Chantal au Théâtre Silvia Monfort.

Comment est née l’idée de ce solo autour du cinéma de Chantal Akerman ?

Maëlle Dequiedt : Il y a des années, je suis tombée amoureuse de son cinéma et son regard m’a toujours accompagnée depuis. Quand j’ai emménagé dans le quartier de Ménilmontant, j’ai remarqué qu’une allée portait son nom. Je me suis renseignée et j’ai découvert que le dernier appartement où elle avait vécu était situé au bout de ma rue.

C’est un spectacle qui parle aussi de ta vie…

Maëlle Dequiedt : Il se trouve que Chantal est aussi le prénom de ma mère et c’est en pensant à cette coïncidence que j’ai commencé à écrire un texte. Je voulais que la présence de Chantal Akerman me guide pour tracer un chemin dont je connaissais le point de départ mais j’ignorais le point d’arrivée…

Quelle place occupe la réalisatrice dans le spectacle ?

Maëlle Dequiedt : Ce n’est pas un spectacle sur Chantal Akerman. Je n’aime pas trop faire des spectacles thématiques et, même quand je me fixe un thème de départ, il arrive fréquemment que je l’oublie et que je me perde en cours de route. Dans Fwd: Chantal, je tisse des liens avec son univers et ses films. Je m’intéresse aux impressions, aux sensations, aux atmosphères. C’est un cinéma qui donne du courage.

Comment as-tu composé le texte ?

Maëlle Dequiedt : C’est le premier texte que j’écris pour le théâtre et, bizarrement, j’avais une idée assez précise de ce qu’il devait être – comme une rivière qui coulerait. Dans les films de Chantal Akerman, il y a des lettres lues par des femmes qui ont tout quitté pour suivre leur mari dans des vies où elles s’ennuient à mourir, des vies qui ne leur appartiennent pas. C’est comme si les mots avaient le pouvoir de liquider tout ça.

Le spectacle se présente comme un solo pour actrice et VHS.

Maëlle Dequiedt : J’avais besoin de faire un spectacle avec presque rien : un matelas, un ventilateur, du café, la lumière du jour, les bruits de la rue.

Forward – qui apparaît dans le titre – est le mot qui s’affiche dans l’objet d’un email que l’on transmet à quelqu’un. Est-ce que tu imagines transmettre ce spectacle à quelqu’un ?

Maëlle Dequiedt : Oui, on fait des spectacles pour les partager avec le public. Mais parfois, j’ai l’impression qu’on imagine aussi une spectatrice ou un spectateur fantôme – qui varie en fonction des spectacles – qui nous accompagne et demeure dans notre champ de vision pendant le processus de création.

Propos recueillis par Simon Hatab

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